Exposition Triangulation de Yazid Oulab le dimanche 8 à Selma Feriani Gallery

Selma Feriani Gallery vous invite à l’exposition Triangulation de Yazid Oulab le dimanche 8 avril à partir de 11h.
 

Exposition Triangulation de Yazid Oulab le dimanche 8 à Selma Feriani Gallery

Protéiforme, l’art de Yazid Oulab convoque tour à tour la sculpture, le dessin, la peinture, l’installation ou l’objet comme autant de moyens de rejouer les gestes ancestraux, au premier rang desquels figure le geste scriptural. Pour cette exposition, l’artiste présente de nouvelles œuvres graphiques ainsi que des objets et des sculptures en métal et en marbre développés autour de ses recherches sur l’écriture cunéiforme.

Mis au point en Basse Mésopotamie au IVe millénaire avant notre ère, le cunéiforme, première écriture connue de l’humanité, emploie des signes en forme de coins et de clous triangulaires gravés à l'aide d'un roseau taillé en biseau. Le travail récent de Yazid Oulab vient à la suite d’une longue série d’expérimentations sur le clou comme l'élément qui assemble ou comme l’Alif matérialisant la force divine. Dans ce projet, il remonte à l’origine même de cette forme, à son réceptacle.

L’intérêt de l’artiste pour l’écriture cunéiforme est double. Il y a d’abord son aspect physique, sculptural arrimé aux possibilités plastiques de son support originel. Les scribes mésopotamiens gravaient l'argile fraîche qui, une fois durcie, préservait la trace, l’empreinte. Cette empreinte en creux dans l’épaisseur de la matière est ce qui retient l’attention de l’artiste dans la mesure où l’on assiste à l’éclosion d’une forme en volume, d’une forme angulaire qui inspirera les sculptures en coin de Yazid Oulab. « L’invention de l’écriture a surtout été la construction d’une nouvelle logique de l’espace »1 nous rappelle Isabelle Klock-Fontanille, spécialiste de l’histoire et de la sémiologie des écritures.

L’apparition et l’évolution du cunéiforme sont d’ailleurs inséparables de l’histoire des mathématiques qui passionne tout autant l’artiste. « C’est la seule écriture où les lettres et les chiffres se ressemblent » note Yazid Oulab. Que l’on songe par exemple à la tablette cunéiforme Plimpton 322 découverte au début des années 1900 au sud de l’Irak et identifiée comme la table trigonométrique la plus ancienne. Même si l’interprétation de cette tablette reste aujourd’hui très controversée quant à sa vocation (pédagogique ou présentation de solutions d’un problème arithmétique), il n’en demeure pas moins qu’une pensée pratique se réalise à l’époque dans la matière et assure sa transmission.

Toutes les œuvres de Yazid Oulab s’articulent autour de l'idée d'une pensée qui se construit, d'une volonté de dire le monde et ses objets. Pour cela, elles n’en finissent pas de déplier les formes archaïques dans un souci de faire dialoguer l’outil du travail avec l’outil de la pensée et de l’écriture.

1.Isabelle Klock-Fontanille, « Des supports pour écrire d'Uruk à Internet », Le français aujourd'hui 2010/3 (n° 170), p. 13-30.

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