Au cœur du Nord tunisien, là où la terre rouge raconte des millénaires d’histoire, une rencontre hors du commun vient de s'achever.
Au cœur du Nord tunisien, là où la terre rouge raconte des millénaires d’histoire, une rencontre hors du commun vient de s'achever.
Dans le cadre de la célébration des 70 ans des relations diplomatiques entre la Tunisie et la Suède, l’artiste suédoise Ulrica Elmberg s’est immergée durant une semaine dans le quotidien de Lamia, artisane potière de Sejnane.
Plus qu'une simple résidence artistique, ce séjour a été une véritable "immersion humaine", portée par la volonté de l'ambassadrice de Suède, Cecilia Wramsten, de célébrer l'excellence du savoir-faire des femmes tunisiennes.
Un dialogue entre deux mondes
Bien que séparées par des milliers de kilomètres et des langues différentes, les deux femmes ont trouvé un terrain d'entente universel : la matière. Ulrica, habituée à l'argile industrielle, a découvert ici la rudesse et la noblesse de la terre sauvage de Sejnane, extraite et préparée à la main.
"Il y a une différence immense avec l’argile prête à l'emploi que j'achète en Suède. Ici, la terre est sauvage, naturelle. On sent qu'elle a du caractère, une tradition... Chaque morceau est différent." Ulrica Elmberg.
Le geste en héritage
Pour Lamia, cette transmission est une part d'elle-même. Formée dès l'âge de 8 ans par sa mère et sa grand-mère, elle incarne ce patrimoine mondial de l'UNESCO qui fait la fierté des Tunisiens.
"J'ai appris depuis que je suis petite... Ma grand-mère a appris à ma mère, et ma mère m'a appris. Depuis mes 8 ans, je travaille la terre." Lamia.
Une émotion palpable au moment du départ
Ce qui restera de cette semaine, au-delà des œuvres uniques créées à quatre mains, c'est le lien indéfectible tissé entre les deux créatrices. Dans un témoignage poignant, Lamia a exprimé le vide laissé par le départ de son invitée, témoignant de l'hospitalité légendaire de la région.
"Nous nous sommes habituées l'une à l'autre. Aujourd'hui, elle part et je reste... Je ressens un grand vide. Je veux lui dire merci d'être venue chez nous, elle est la bienvenue à tout moment, avec ou sans travail." Lamia.
Cette initiative, soutenue par l'Office National de l'Artisanat Tunisien, n'est qu'une première étape. Elle prouve que l'artisanat, loin d'être un métier du passé, est un pont solide vers l'avenir et un vecteur de fraternité entre les peuples.