Pourquoi les TO ont tellement besoin de la Tunisie Selon Tour Hebdo

Sauf si les tensions sociales s’amplifiaient au risque de perturber la saison touristique, les TO veulent croire que 2018 est l’année du grand retour de la Tunisie. Ce qui serait une bonne nouvelle pour 3 raisons.
 

Pourquoi les TO ont tellement besoin de la Tunisie Selon Tour Hebdo

Qu’ils proviennent du baromètre annuel du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto) ou du dernier baromètre des Entreprises du Voyage, les chiffres l’attestent : le come-back de la Tunisie est réel. En décembre, la croissance des départs était de l’ordre de + 136% du côté des agences et celle des réservations de + 175% pour des séjours en 2018. Si les voyagistes s’en réjouissent d’abord pour le pays, ils se frottent aussi les mains pour trois raisons principales.

1 - Elle anime le marché

"Tout le monde n’a pas les moyens d’aller faire du ski, les sports d’hiver coûtent cher et les Caraïbes aussi", remarque Patrice Caradec, président d’Alpitour France qui prend les devants de la saison été. Il avance, en effet, au 18 février l’ouverture prévue en avril de son nouveau Bravo Clubs en Tunisie, le Golf Beach à Djerba (ex Framissima) où il a signé un contrat d’exclusivité.

Nouveau venu, Alpitour doit se faire une place mais les TO, en général, ont besoin d’offres pour animer le marché. "Les réseaux nous réclament des produits et des petits prix, la Tunisie a tout pour plaire", constate Patrice Caradec.

"La destination reste unique, irremplaçable en termes d’accessibilité géographique, tarifaire et pour la qualité de ses produits", confirme Raouf Benslimane, président de Ô Voyages qui y ouvre deux Ôclubs pour l’été, à Djerba et Monastir.

2 - Elle offre une alternative à l’Europe du Sud

Depuis 2011, les TO n’ont eu d’autre choix que de réorienter leurs capacités vers l’Espagne, l’Italie et la Grèce au prix d’une très forte tension sur les stocks. Le retour de la Tunisie devrait donc provoquer un appel d’air.

"En Europe du Sud, on était des spectateurs et des invités de dernière minute par rapport aux autres marchés d’Europe du Nord, en territoire conquis", constate René-Marc Chikli, président du Seto. Les négociations n’étaient pas faciles, surtout avec des hôteliers "qui avaient déjà le ventre plein".

En Tunisie, "les TO français sont un peu chez eux, ils rentrent à la maison", estime le président du Seto. Et puis les voyagistes ne l’ont pas toujours dit mais beaucoup l'ont pensé : les hôtels commercialisés en Europe du Sud à des tarifs élevés n’étaient pas toujours à la hauteur de ceux dont ils peuvent disposer en Tunisie ou au Maroc.

Dans un premier temps, cela leur a permis d’améliorer leurs marges mais depuis quelques saisons, vu la concurrence et la pression sur les prix, ce n’est plus le cas.

3 - Elle permet de retrouver du volume et de la rentabilité

Avec 4 clubs en Tunisie cet été, Jet tours fait de la destination un axe stratégique de développement. "C’est une opportunité de récupérer une partie de la clientèle qui ne s’était pas rabattue sur d’autres destinations faute de moyens", explique Jean-Emmanuel Chometon, directeur du TO.

S’ils vont y engranger de la croissance (Voyamar compte dépasser la barre des 50 000 clients), les TO espèrent aussi améliorer leurs marges. Ils y achètent moins cher, ont moins besoin de s’engager financièrement et prennent un risque aérien mesuré (ils peuvent, si besoin disent-ils, assez facilement se réorienter).

"C’est vrai qu’on y gagne mieux notre vie", admet Patrice Caradec. Même si, dans le cadre d’une année de relance, "il faudra faire des efforts de compétitivité pour séduire le client", admet Nicolas Delord, président de Thomas Cook France.

Et donc, sans doute, "accepter de commencer par perdre de l’argent", note Raouf Benslimane qui estime pourtant que la Tunisie pourrait ne pas se vendre à perte dès 400€.

"Il y aura toujours malheureusement des opérateurs pour casser les prix, d’où la nécessité d’enrichir le produit, d’avoir une approche différenciante", ajoute-t-il. Ôvoyages planche ainsi sur une brochure dédiée qui mettra en avant le meilleur de la destination.

Une manière de justifier des prix plus élevés mais aussi de rehausser l’image de la destination et d’encourager les agences, encore un peu réticentes, à la mettre en avant.

 

Source : tourhebdo.com

 

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