Publié le 22/03/2011

Zarzis

La ville de Zarzis est le prolongement Nord-Est de la plaine de Jeffara, dans le sud tunisien. Elle est également riche en sites romains renseignant sur la vaste occupation de la plaine par des fermes et des villages qui étaient liés à l’importante ville portuaire de Gightiss.
Zarzis
Zarzis

Histoire de Zarzis

La ville de Zarzis est le prolongement Nord-Est de la plaine de Jeffara, dans le sud tunisien. Elle est également riche en sites romains renseignant sur la vaste occupation de la plaine par des fermes et des villages qui étaient liés à l’importante ville portuaire de Gightiss. On dénombre également quelques dizaines d’anciennes mosquées, un nombre égal d’huileries souterraines anciennes, une voie maritime dite "chaussée romaine" qui conduit à l’île de Jerba.

Ce port romain d’où l’on embarquait jadis pour Rome des cargaisons entières d’huile d’olive , de balles de laine, de sel marin provenant des anciennes salines de Zarzis et même d’or en provenance d’Afrique à travers le sahara, se compose d’une vaste plaine côtière qui s’étend entre Ras Marmour au Nord, l’Oued Fessi au sud et d’un plateau qui englobe Ras Dahra et Henchir Zian (antique Zitha), une bonne partie de cette presqu'île est occupée par deux lacs salés : La Sebkha El Melah et La Sebkha Boujmel, celles-ci sont couvertes d’une fine pellicule de sel qui, par moments et en période de chaleur intense, donne lieu à des phénomènes de mirage fantastique.

La Sebkha Boujmel est le prolongement naturel du lac d’El Biban qui est une vraie mer intérieure d’une surface d’environ 25 000 ha alimentée par deux violents courants d’eau qui en déterminent le mouvement des marées. Cette lagune, séparée de la mer par un cordon littoral appelé Solb, forme actuellement un véritable bassin d’élevage des poissons qui, poussés par les courants d’eau, viennent s’y reposer. La flore marine y est également abondante et les poissons y trouvent l’endroit idéal pour se reproduire. Tant de trésors inestimables nous sont offerts ici par les civilisations romaines, berbères et islamiques, que dire encore des traditions ancestrales, de ce qu’on appelle communément le folklore. Ainsi la ville de Zarzis est dotée d’un patrimoine millénaire qui se distingue par sa diversité, sa spécificité et son originalité.

 

L'époque préhistorique

La région de Zarzis fut peuplée depuis une haute époque. De nombreux documents témoignent de la présence humaine en particulier sur les rives de la Sebkha El Malah au sud de Zarzis.

 

Les origines de Gergis et l'arrivée des Phéniciens

D’après les sources antiques, la côte où s’élevait la localité et le port de Gergis ont attiré de longue date les Phéniciens. Ceux-ci fondèrent de nombreux comptoirs de commerce sur les rivages de la petite Syrte qui s'étend de Gabès jusqu'au cap de Misurata en Libye. Mais comme l’indique son nom Gergis (dont Zarzis est la transcription française), est sans doute, comme toutes les localités voisines, une fondation autochtone numide.

 

L'époque Punique

Elle commence dès le 9ème siècle avant J.C avec la fondation de Carthage par les Phéniciens. La colonie de Carthage impose progressivement son hégémonie sur l’ensemble des fondations phéniciennes de la Méditerranée occidentale. Son vaste domaine se compose de plusieurs colonies en Sicile, en Sardaigne, en Espagne et sur les côtes de l’Afrique du Nord, de Leptis Magna en Libye, à l’Est, jusqu’à Lixus au Maroc, à l’ouestDans la presqu’île de Zarzis, des vestiges de la civilisation punique ont été repérés à Henchir Chammakh (l’antique ponte Zitha) et à Henchir Zian (l’antique Zitha). Il s’agit le plus souvent de nécropoles ou de sanctuaires où l'on a recueilli, notamment, des stèles portant des inscriptions puniques.

 

L'époque Romaine et Byzantine

En 146 avant J.C, Carthage est rasée et Rome décide de s’approprier le territoire carthaginois. Elle commence par prendre possession des terres fertiles comme celles de la Jeffara où se trouve Gergis qui possède une position stratégique remarquable. La presqu’île de Zarzis est riche en sites archéologiques, les sources antiques mentionnent Gergis (Zarzis), Zitha (Zian) et Ponte Zitha (Sidi Chammakh) qui furent des cités actives à l’époque romaine. D’autres ruines ont été repérées dans la région mais beaucoup sont indistinctes en raison de la nature des matériaux (grès, calcaire tendre et friable). On les rencontre à Henchir Al-Hamman, à Henchir Al-Frass, à Henchir Al-Kalkh ect…Sur le plan administratif, la presqu’île de Gergis a toujours fait partie de l’Africa (l’actuelle Tunisie) qui englobait aussi le Nord-Est algérien et l’actuelle Tripolitaine en Libye. A la fin du IIIéme siècle après J.C la presqu’île de Gergis est rattachée à une province nouvellement crée : la Tripolitaine qui englobait le sud tunisien actuel et l’actuelle Tripolitaine en Libye. Le port de Gergis a été plusieurs fois évoqué dans l’histoire byzantine. Au sud de la ville actuelle à Sidi Bou Teffaha, on a pu repérer des vestiges archéologiques.

 

L'époque Arabo-Musulmane

En 648, l’aurorité byzantine s’effondra en Afrique du Nord devant les cavaliers arabes venus d’Egypte et leur chef Abdallah Ibn Abi Saad défit les armées byzantines à Sufetula (l’actuelle Sbeïtla). Au Xème siècle, Zarzis comme l'ensemble du pays, subit la grande conquête arabe venue d'Egypte et surtout celle des Beni Souleim dont les Debbab constituent l’élément fondamental refoulant ainsi la population berbère dans la montagne et dans l’île de Djerba. Les nouveaux venus constituent désormais l'un des éléments importants de la population et de nombreuses tribus se rattachent aux envahisseurs. Comme toutes les villes du littoral, Gergis n’a pas échappé, comme sa voisine l’île de Djerba, à l’occupation espagnole, vers 1540. Avec le rétablissement de la domination Turque en 1573, l’histoire de la population actuelle de Gergis commence.

 

La légende Accara

Les habitants actuels appelés Accara se sont installés tout récemment dans la région de Zarzis, vers la fin du XVIème siècle. D’après les historiens ils seraient originaires du Sahara occidental qu’ils auraient quitté pour des raisons inconnues. La tribu des Accara se serait installée d’abord dans le sud algérien puis dans le Sahel tunisien pour reprendre ensuite la route vers le Sud dans l’intention de regagner la Mecque pour le pèlerinage. Au niveau de Medenine, Sidi Makhlouf El Mahbouli et Sidi Ali ben Obeid, une partie se sépare de la caravane pour s’installer définitivement dans la Dakhla Ouerghemma. Sidi Khelifa Essayeh conduit le reste de la tribu vers Ben Guerdane, prochaine étape sur l’itinéraire du pèlerinage. Mais à Ben Guerdane Sidi Sayeh tombe malade et meurt, on lui construit un grand mausolée où repose encore sa dépouille. Ses enfants Ali, M’hemed et Said décident de s’installer à Zarzis car les conditions sont défavorables à la poursuite du long voyage à la Mecque. A l’arrivée des Accara, les terres étaient occupées par la tribu arabe des Noueils, mais l’instinct nomade l’emporta et les Noueils abandonnèrent les terres qu’ils possédaient. Le souverain Ali Bey a fait construire vers 1760 un « Borj » (forteresse) pour protéger les Accaras contre un retour probable des Nouails. Durant un siècle et malgré leur prise avec les tribus nomades qui les entouraient, ils se sont donnés à la culture du sol. A la veille de l’occupation française la presqu’île de Zarzis possédait déjà son oasis, ses jardins et son oliveraie.

 

 

Tourisme à Zarzis

La délégation de Zarzis présente de nombreux atouts naturels qui font d’elle l’un des plus importants sites touristiques de la Tunisie. Parmi les sites favorables à l’installation d’hôtels, ceux de la côte de Hessi Jerbi, El Ogla et Souihel. La côte de Zarzis s’étend sur une trentaine de kilomètres. L’arrière plage et cette côte est agrémentée d'une palmeraie sauvage qui s’étend jusqu’au pied de l’escarpement dominant la côte. Zarzis regroupe diverses unités géographiques présentant une mosaïque paysagère où l'on peut admirer les spécificités économiques (géologie, végétation), agricoles (agriculture pluviale, agriculture irriguée), archéologiques (ruines romaines, Ksours, mosquées) et culturelles (traditions matrimoniales, traditions artisanales, traditions culinaires).

 

Le site de « Zitha » (Hinchir Zian)

A l’époque romaine, Zitha est devenue une cité importante, sa position sur la grande voie de Carthage à Lebda(Leptis Magna en Libye) lui a permis un rapide essor et une prospérité qui ont duré longtemps. C’est sous le règne de l’empereur Caracalla (212-217) fils de Septime Severe (originaire de Leptis Magna) que la route entre Zitha et Leptis Magna a subi une réfection importante. Plus tard, sous Constantin (306-337), cette même voie reçut une nouvelle réparation, ce qui témoigne de la vitalité de Zitha et de son importance, notamment économique (production de l’huile). Le site archéologique de Zitha a été fouillé au début du siècle, on y a dégagé :

- Un forum entouré de portiques et dont le pavage est constitué de grandes dalles

- Un sanctuaire consacré à une divinité romano-africaine : Tanit-Caelestis. On y a recueilli un grand nombre de stèles sculptées ou inscrites.

- De nombreuses statues en marbre (actuellement conservées au musée du Louvre à Paris) ainsi que plusieurs dizaines d’inscriptions puniques ou latines.

 

Le site de « Hinchir El-Kalakh »

C’est un site archéologique situé au Nord de la ville de Zarzis, son importance s’explique par la présence de deux monuments: une chambre de taille moyenne dont la paroie intérieure est un ensemble de niches rectangulaires. Elle serait vraisemblablement un pigeonnier ou columbarium. Non loin, un édifice, dont seulement quelques murs et un bassin ont résisté. Il s’agirait peut-être d’un champ, autrefois exploité par les Romains.

 

Le site de “ BORG EL KANTRA” ou La tour « d’El Kantara » :

Situation : La tour d’El Kantara est située sur la plage de Hessi-Djerbi à proximité de la route reliant Zarzis et Djerba (la chaussée Romaine).

Style architectural et passé de la tour : Avec des murailles extérieures épaisses, hautes et pointues, surmontées de deux grandes tours équipées chacune d’une échelle métallique, cette tour ressemble à une tour de surveillance conçue pour contrôler les voyageurs et les cargaisons à destination de Djerba à bord de voiliers, qui étaient le seul moyen de joindre l’île de Djerba puisque la chaussée Romaine n’a été restaurée qu’en 1952. A l’intérieur de cette tour on trouve quatre salles qui s’ouvrent sur une cour toujours ensoleillée et bien aérée. Du côté Est, on trouve un hall abrité par des arcades en forme de voûtes, ce qui donne à la tour un style Arabe

L’état actuel de la tour : De nos jours, la tour est délaissée, dans un état déplorable et risque de s’écrouler ce qui serait une perte pour le patrimoine national. Fort heureusement la municipalité de Zarzis en collaboration avec l’association de la sauvegarde du patrimoine va entreprendre des travaux de restauration et de rénovation pour exploiter cette tour comme musée marin.

 

Le site de “La Grotte” (ancienne huilerie) ou le musée privé d’El Hafi :

C’est une grotte qui a servi depuis plusieurs siècles comme huilerie, où l'on peut encore découvrir la méthode ancienne employée pour écraser les olives avec une meule actionnée par un dromadaire. La grotte a été creusée à mains d’hommes dans une terre rocailleuse sur le site de Ksar Zaouia situé entre la mer et les champs d’olives et elle est restée en état depuis cette époque. Cette huilerie servait pendant trois mois à presser les olives pour produire l’huile et le reste de l’année pour conserver et vendre cette huile. La fabrication de l’huile se déroulait en deux étapes :

* Ecrasement des olives

* Séparation de l’huile de la pâte

Autrefois, on payait avec des grignons ou bien avec de l’huile. Le propriétaire actuel a installé dans cette grotte un musée afin de transmettre les usages et coutumes de la presqu’île de Zarzis. Ce musée est ouvert au public tous les jours de la semaine de 7 h du matin à 18 h.

 

Le site de «Chammakh»

Le site archéologique de Chammakh est situé à 13 km au Nord de Zarzis, il est sur la route MC 117 reliant la ville de Zarzis à l’île de Djerba. Chammakh fut victime de l’expansion urbaine, de sorte que la cité actuelle est construite sur les traces de la ville antique. En 1909, les militaires français ont découvert une stèle latine gravée, son texte révélant que le Proconsul a ordonné en 113 après J-C l’édification du capitole de Chammakh. De part et d’autre de la route et devant certaines maisons, on peut voir aujourd’hui les décombres de certaines fortifications de Zarzis.

 

Le site de «Borj El Bibane»

Il a été signalé dans le livre d’explorateurs et géographes grecs et romains. D’après le «Statisme de la grande mer» (paru à la fin du II siècle après J-C) le fort se serait appelé «Zencharis» ; selon d’autres sources, on l’appelait «Præsidium» et il avait pour objectif le contrôle du lac et surtout celui des voies maritimes et terrestres utilisées par les marchands de sel.

 

Source : www.commune-zarzis.gov.tn

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