Fondé en 1979 par le compositeur et chef d'orchestre Gian Piero Reverberi, Randõ Veneziano compte déjà des dizaines de millions d'albums vendus dans le monde. L'orchestre puise son inspiration dans le XVIIᵉ et le début du XVIIIᵉ siècle. Venise, ville du célèbre Antonio Vivaldi, était en ce temps là l'un des pôles artistiques les plus influents dans le monde. C'est cette immersion que le groupe recrée dans ses clips et ses concerts. Cet ensemble est en effet célèbre tant pour l'originalité de sa musique que pour les effets esthétiques hors du commun.
Un large public a longuement applaudi l'orchestre lors de son entrée sur scène. Une trentaine d'artistes, dont des musiciennes en tenues d'époque: robes longues volumineuses très ornementées et perruques élaborées. Les spectateurs étaient aussitôt impressionnés par l'élégance exceptionnelle des costumes. La musique jouée les a captivés davantage, et ce dès les premières notes.
"Station di Venezia", sorti en 1993, a été le premier morceau joué. Un air rythmé pour une ambiance dynamique d'emblée. Il reflète l'identité musicale du groupe: des compositions entre influence baroque et sonorités modernes. Ce sont des œuvres originales de Gian Piero Reverberi, dont certains morceaux rappellent fortement les mouvements des concertos de Vivaldi.
La suite a été plus douce avec "Magico incontro". Et la rencontre magique avec Rondō Veneziano s'est poursuivie, entre sérénité et cadence. L'orchestre a joué "Danza mediterranea", entamée par un solo au piano, puis "San Marco", au nom de la place la plus célèbre au cœur historique de Venise. Sur l'écran géant, des photos et des vidéos ont reconstruit la beauté des canaux, des carnavals et des palais pour prolonger cette atmosphère où la grandeur, l'émotion et le raffinement ne laissaient pas indifférent.
Le chef d'orchestre s'est mis lui-même au piano pour "Perle d'Oriente". Cette mélodie d'une grande sensibilité mêle la tendresse du piano à l'élan des cordes et des percussions qui lui ont insufflé une intensité supplémentaire au milieu du morceau. L'ensemble a enchaîné avec une composition éponyme sortie en 1980. La setlist du concert a également inclus "La Giudecca", "Casanova", "Sinfonia per un Addio", "Marco Polo", "Misterioza Venezia" et d'autres œuvres célèbres du groupe.
Chaque morceau a été chaleureusement acclamé par les spectateurs. Les applaudissements cadencés se sont fondus avec le rythme de la musique pour une belle communion avec l'orchestre.
Lors de la conférence de presse qui a suivi le concert, le maestro Gian Piero Reverberi est revenu sur la genèse de l'orchestre. "À l'époque de la musique électronique et du disco, dans les années 70, je voulais créer quelque chose de différent. C'était ma manière de faire une révolution contre cette mode", a-t-il raconté. Cette soirée à Carthage marque son dernier concert en chef d'orchestre, avant de céder sa baguette au pianiste qui l'a accompagné dans ce spectacle.
Le succès du concert de Rondō Veneziano confirme l'engouement du public pour d'autres genres au-delà de la musique populaire. C'est cette diversité de styles artistiques qui fait la richesse du Festival international de Carthage.
Le programme se poursuit jusqu'au 19 août avec d'autres spectacles prometteurs.