Édifié au XVIIᵉ siècle, le Fort de Ghar El Melh incarne une page essentielle de l’histoire militaire et maritime de la Tunisie. Situé sur une baie stratégique, cet ouvrage défensif rappelle le rôle majeur de la région dans la surveillance des routes maritimes et l’histoire navale méditerranéenne. Son architecture sobre, intégrée à son environnement naturel, témoigne d’un savoir-faire technique remarquable et d’un héritage côtier d’une grande valeur. L’inscription a été actée lors de la 13ᵉ réunion du Comité du patrimoine dans le monde islamique tenue à Tachkent.
De son côté, Sidi Bou Saïd, déjà inscrit depuis 2022, a bénéficié d’une mention particulière accompagnée d’une recommandation auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Perché au-dessus du golfe de Tunis, le village séduit par ses façades blanches et bleues, devenues une signature architecturale universelle. Il représente une synthèse rare entre paysage naturel et création humaine, jalousement préservée.
Au-delà de son esthétique, Sidi Bou Saïd demeure un foyer culturel vivant. Lieu d’inspiration pour les artistes et destination touristique emblématique, il abrite le Centre des musiques arabes et méditerranéennes, symbole de son ancrage dans la mémoire musicale régionale. Son artisanat, son cachet patrimonial et son attractivité touristique renforcent son positionnement comme vitrine culturelle de la Tunisie.
À travers ces deux distinctions, c’est toute la diversité du patrimoine tunisien – militaire, historique, artistique et paysager – qui est mise en lumière. Une reconnaissance qui ouvre la voie à une valorisation durable, à un développement touristique maîtrisé et à une visibilité accrue de la Tunisie sur la carte du patrimoine mondial islamique.