Tourisme 2026 : La Tunisie vise 12 millions de visiteurs malgré la crise du transport aérien

Le secteur touristique tunisien se trouve à la croisée des chemins en ce début d'année 2026. Entre l'objectif ambitieux de franchir la barre des 12 millions de touristes et une conjoncture internationale marquée par des tensions géopolitiques, les défis sont de taille pour le Ministère du Tourisme et les acteurs privés.

Tourisme 2026 : La Tunisie vise 12 millions de visiteurs malgré la crise du transport aérien

Houssem Ben Azzouz, président de la Fédération Interprofessionnelle du Tourisme (Fi2T), alerte sur la situation actuelle du secteur.

Une stagnation des réservations due aux conflits régionaux, couplée à une hausse brutale des tarifs d'entrée aux musées et sites archéologiques (multipliés par trois ou quatre dans certains cas) décidée par le Ministère des Affaires Culturelles sans concertation préalable.

L'impact est mondial, mais touche particulièrement les marchés traditionnels européens et les sites emblématiques comme le Musée du Bardo ou le site de Carthage.

La crise est accentuée par les difficultés de la Tunisair et l'augmentation mondiale des prix du kérosène, rendant le transport aérien plus coûteux pour les voyageurs et les Tunisiens résidents à l'étranger.

Le manque de coordination entre les ministères et l'absence d'une stratégie de marketing digital agressive affaiblissent la compétitivité de la destination Tunisie face à des concurrents comme la Grèce ou le Portugal.

Les professionnels déplorent un manque de vision stratégique pour promouvoir le tourisme culturel. Alors que des pays voisins investissent massivement dans leurs infrastructures muséales, la Tunisie peine à entretenir et à valoriser son patrimoine exceptionnel, de Hannibal à Elyssa. Pour sauver la saison 2026, une campagne de communication rassurante sur la sécurité et la stabilité du pays est jugée impérative par la Fédération du Tourisme.

Enfin, le tourisme intérieur reste le dernier rempart. Cependant, le pouvoir d'achat des Tunisiens et l'absence d'offres adaptées à la classe moyenne (campings, hôtellerie sociale) limitent l'accès des citoyens aux unités hôtelières, souvent concentrées sur le segment du luxe ou du balnéaire de masse.